Et s'il n'y avait pas de fatalité à ce qu'une femme jouisse moins souvent que son homme ?

Mis à jour : 19 déc. 2018


Un article de Maïa Mazaurette, la chroniqueuse Sexe de la Matinale du Monde, sur ce qu'elle appelle "le fossé aux orgasmes" entre hommes & femmes.





« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information affirmait Albert Einstein.


Alors comment parler de l’orgasme féminin quand on est un homme ?


Peut-être en parlant de Présence. Dans les deux sens du terme. À la fois être présent à soi-même et à l’autre dans ses sensations corporelles et dans ses ressentis émotionnels ; mais également rester au présent. Le temps du mental est toujours le passé ou le futur.


Seul le coeur et le corps sont au présent.


Combien d’hommes sont dans le plaisir émotionnel et sensoriel seconde après seconde ? Il leur faudrait lâcher l’objectif du futur, de la seconde d’après, de la minute d’après ou de l’heure d’après de leur propre jouissance au pire ou de la jouissance de leur compagne au mieux ! Mais c’est la même chose au final, l’absence de rencontre au présent.


Ils se sont quittés en même temps qu’ils ont quitté leur partenaire. Ralentir, sentir, être là de tout leur être. C’est la seule chose à faire en vérité.


Le triste c’est de constater que nombre de femmes se sont calées sur le rythme de cette sexualité masculine orientée vers la décharge orgasmique.


Cesser de chercher à atteindre ou provoquer l’orgasme, être là et seulement permettre que cela advienne chez la partenaire, voilà sans doute tout ce que les hommes ont à apprendre des femmes.


Mais combien d’hommes croient encore qu’ils sont responsable de déclencher le plaisir sexuel de leur partenaire ? Et combien de femmes n’ont pas encore oublié ou n’ont pas déjà renoncé à emmener leur partenaire sur leurs terres à force d’avoir rencontré des hommes qui n’écoutaient pas, croyant mieux savoir qu’elles ?


Car encore faudrait-il que les hommes acceptent de ne pas savoir et toucher leur peur de l’inconnu.


Tant que les hommes ne feront pas ce pas vers les femmes en se calant sur le rythme de la sexualité de ces dernières, il y a en effet peu de chances que le déséquilibre homme-femme du plaisir sexuel se comble.


Et en même temps, tout ceci n'est souvent que la répétition dans la relation sexuelle de ce qui se passe dans bien des sphères de beaucoup d'existences : peu de Présence et une course permanente et sans fin vers le plus, le mieux, le demain ou l'ailleurs. Et

pendant ce temps, la vie s’écoule.


Enfin, il ne serait pas juste de peindre un tableau avec des hommes toujours coupables et des femmes toujours victimes. La responsabilité de cette situation bien souvent aussi inégale qu'insatisfaisante doit, je crois, être également partagée entre hommes et femmes.


Alors messieurs, ralentissez pour mieux entendre la parole des femmes et mesdames

éclaircissez votre voix et parlez plus fort !



GESTALT PRATICIEN • SEXOTHÉRAPEUTE • COACH • FORMATEUR

CABINET DE PSYCHOTHÉRAPIE

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